Le dossier d’artiste vous sert de carte de visite. C’est ce que vous remettez à toute personne susceptible de s’intéresser à votre travail. Un galeriste, un diffuseur, un chroniqueur culturel, une association professionnelle, pour approcher un bailleur de fonds ou pour faire une demande de subvention.

Bien plus qu’un simple curriculum vitae, le dossier d’artiste contient plusieurs éléments qui permettent de mettre en lumière vos œuvres et expériences. Il doit être mis à jour fréquemment.

Dépendamment du destinataire, nous pouvons retrouver généralement dans le dossier d’artiste :

  • Curriculum vitae
  • Courte biographie
  • Démarche artistique
  • Description de projet
  • Budget prévisionnel
  • Échéancier
  • Matériel d’appui
  • Revue de presse

Le dossier d’artiste doit être simple et épuré. Outre le matériel d’appui qui témoigne de votre créativité et de votre travail artistique, le reste du dossier doit être standard, en noir et blanc, format 8 ½ po. X 11 po.

Portez une attention particulière au choix de la taille et de la police de vos documents. Ils doivent être faciles à lire, à photocopier ou scanner. Évitez les agrafes, les boudins, les chemises, etc.

Par-dessus tout, vous devez vous assurer de la qualité de l’orthographe, de la ponctuation, de la syntaxe et de la mise en page afin de présenter un dossier d’artiste au look professionnel.

Culture Côte-Nord peut aussi vous accompagner dans la composition de votre dossier d’artiste. N’hésitez pas à communiquer avec nous !

Le curriculum vitae (CV) résume vos expériences professionnelles, votre formation et vos intérêts. Il doit contenir vos coordonnées personnelles : nom, adresse, numéro de téléphone, courriel et adresse de site web, le cas échéant.

En temps normal, il est préférable d’avoir un CV générique qui détaille toutes les expériences artistiques et non artistiques classées selon différentes sections en lien avec votre parcours. Vous vous assurez de retrouver dans un seul et même document toutes vos informations importantes (formations, expositions, projets antérieurs, etc.). Il est important de mettre à jour ce document fréquemment.

Ce CV générique servira de base pour les CV à présenter avec les dépôts de projets ou aux bailleurs de fonds et subventionnaires. Ainsi, selon le cas, certaines sections ou entrées non pertinentes pourront être supprimées d’un CV à l’autre.

Lorsque votre CV est trop long, vous pouvez faire la sélection des éléments les plus pertinents à y joindre. On indique alors dans ce cas qu’il s’agit d’une parcelle des expériences (voir exemple proposé – Documentation complémentaire).

Il faut penser à l’ordre des sections selon l’utilisation qui sera faite du CV. Généralement, on mettra l’accent sur les expériences les plus pertinentes au début, le tout présenté en ordre dé‑chronologique, de la plus récente à la plus ancienne. Les sections qui se retrouvent générales dans un CV sont :

  • Vos coordonnées et renseignements personnels.
  • Les informations sur votre formation : diplômes, formation continue, etc.
  • Vos expériences artistiques, réalisations ou activités professionnelles: expositions, évènements, résidences, conférences, etc.
  • Vos activités connexes: emploi(s) en lien avec le milieu culturel ou artistique par exemple.
  • Les reconnaissances obtenues ou implications pertinentes: bourses, prix, mention honorifique, membre d’un conseil d’administration, d’un jury, d’une association professionnelle, etc.

Il est important de spécifier la province et le pays, si votre CV fait partie d’une demande qui est destinée à l’extérieur du Québec.

Dans le cas d’une activité ou expérience déjà conclue, on mettra l’année de début et l’année de fin ou de fin uniquement (2014-2018 ou 2018). Si une activité n’est pas terminée, on mettra un tiret à côté de l’année de début (2014 —).

Le CV ne doit généralement pas dépasser 3 pages. Assurez-vous donc de ne mettre que les informations les plus pertinentes relatives à votre demande.

Documentation complémentaire

Ce court texte d’une dizaine de lignes maximum fait le résumé de votre carrière artistique.

Il s’agit en quelque sorte d’un condensé de votre CV et de votre démarche artistique. Il relève les faits marquants et les dates importantes de votre carrière sans fioriture.

Pour vous inspirer, vous pouvez consulter les biographies sur les pages web des artistes de votre discipline.

Cette partie du dossier de candidature ou du portfolio est primordiale, car elle permet à celui qui le reçoit de bien comprendre votre processus de création, ce qui vous anime, ce que vous tentez de faire, l’effet que vous désirez provoquer chez votre public.

La démarche artistique explique votre processus de création, votre cheminement, l’originalité de votre travail, vos intentions, votre vision artistique et vos objectifs de création. Cet énoncé doit apporter un éclairage différent sur votre pratique. On ne doit pas y répéter les informations contenues dans le curriculum vitae ou dans tout autre document de votre dossier d’artiste.

En voici une définition complète et claire :

« On appelle “démarche artistique” un court texte qui explique le cheminement, les intentions, les objectifs de création et de production de l’artiste. En tant que complément aux autres documents, la démarche ne doit pas être un élément de répétition, mais doit permettre d’apporter un éclairage neuf sur votre carrière. Elle permet de cerner votre potentiel et le mettre en œuvre à travers des projets de faire et des projets d’être (où je suis, ce que je fais et où je veux aller). La “démarche artistique” permet d’expliquer vos motivations profondes en regard de vos passions pour un médium, poursuite d’acquis techniques et de la recherche pure. De plus, elle permet de démontrer l’originalité de votre travail, c’est-à-dire ce qui vous distingue des autres.

 La “démarche artistique”, annexée à votre dossier, devrait être “remodelée” à chaque occasion. Selon le type d’interlocuteur et d’objectif pour lequel vous présentez votre portfolio, vous aurez avantage à mettre plus l’accent sur l’un ou plusieurs des volets suivants : formation (acquis, perfectionnement), création (thématique, théorique, formelle), production (matériaux, technique), diffusion (impact, avancement, carrière artistique), commercialisation (retombées économiques). »

– Source : Revue OPTIMA, avril 1991, page 18 et 19

Votre démarche artistique est évolutive, elle doit être retravaillée en fonction de l’évolution de votre travail et de vos projets.

Quoi mettre dans une démarche artistique :

  • Quoi – Élément déclencheur : source d’inspiration (courant artistique, moment de l’histoire, autre médium : musique, opéra, scénographie, auteur, etc…)
  • Comment : Médium utilisé, motifs récurrents, esthétique privilégiée, thématique privilégiée (ex : personne âgée, le paysage, peinture historique, esthétique Louis 14, etc.)
  • Pourquoi : Les objectifs de vos recherches artistiques, l’effet rechercher sur le spectateur, ce que l’on veut démontrer, etc.

La démarche artistique doit être cohérente et refléter votre production artistique et votre dossier visuel. Elle explique en quoi et pourquoi vous privilégiez un thème plutôt qu’un autre et les raisons pour lesquelles vous utilisez un médium en particulier.

Comme il s’agit d’une partie très importante de votre dossier d’artiste, la démarche artistique doit être claire et précise. Faite-vous relire par quelqu’un pour voir si vos propos sont bien définis et compréhensibles.

Documentation complémentaire

Le projet présenté en est un duquel découlera une production « tangible » : un spectacle, un livre, un film, un album, une ou des œuvres pour une exposition, etc.

Il est conscrit dans le temps, c’est‑à-dire qu’il y a sa création, sa présentation et son évaluation. La description du projet fera état de ce que sera le produit final, les étapes de la création et les moyens utilisés pour y parvenir.

Le projet est la matérialisation physique de la démarche artistique du créateur. Tel que mentionné précédemment, la démarche permet de comprendre les motivations et les objectifs de l’artiste dans la réalisation de son projet, et, de l’autre côté, le projet permet la concrétisation de la démarche.

La description du projet sera différente selon qui vous tentez de convaincre. S’il s’agit d’un palier de gouvernement, un subventionnaire (MCC, CALQ, CAC, SODEC, Musicaction, etc.) ou un commanditaire desquels vous solliciter un investissement monétaire vous devrez vous référer aux critères et objectifs visés par le ou les programmes de bourses, subventions ou commandites et décrire en quoi votre projet répond à ces derniers.

S’il s’agit de convaincre un producteur ou un diffuseur d’investir dans votre projet, vous devrez faire valoir en quoi ce dernier répond à leur créneau d’activités ou peut s’inscrire dans leur programmation. Il est important de mettre de l’avant en quoi votre partenariat sera bénéfique pour lui.

S’il s’agit de faire la promotion de la réalisation (phase de conception) de votre projet auprès des médias, des réseaux sociaux, du public en général, vous devrez mettre de l’avant de quelle(s) façon(s) celui-ci mérite leur intérêt et comment il les rejoindra.

La description de projet et ses retombées ne dépassent généralement pas 3 pages selon à qui elles s’adresseront ; les journalistes préférant un texte plus court et les subventionnaires, plus long.

La structure du texte, pour décrire le projet, doit contenir, en premier lieu, le titre (même s’il est provisoire) et le médium dans lequel il sera réalisé (spectacle, exposition, livre, etc.). On enchaîne avec le « pourquoi », les éléments qui vous motivent à réaliser ce projet. Vous devez situer votre projet en lien avec votre démarche artistique, le public visé, les retombées espérées et d’où vous est venue l’idée, l’inspiration.

Puis, vient le « comment ». Dans cette partie, vous devez expliquer les moyens que vous utiliserez pour y parvenir. Cela peut se traduire par les outils et les techniques, voire les objets ou les matériaux nécessaires. Vous pouvez mentionner l’atmosphère que vous désirez faire ressortir ou explorer. Abordez les thèmes que vous voulez soulever, voire le message que vous voulez livrer.

Ensuite, vous devez présenter le « avec qui ». Nommer les partenaires avec qui vous réaliserez le projet et le rôle qu’ils joueront (prêt/location de matériel/local, intervenants, etc.). Expliquer pourquoi vous les avez approchés et l’importance de leur participation au projet.

Finalement, élaborez votre échéancier de réalisation, le « quand ». Datez les étapes de création. Soyez réaliste, n’éternisez pas un projet sur plusieurs mois si ce dernier n’en requiert que quelques-uns. Terminez avec la date prévue de présentation publique.

Dans le cas d’une demande de bourse ou de subvention, il faudra ajouter un budget prévisionnel détaillé du projet.

Il faut également joindre en annexe tout matériel d’appui en lien avec le projet (croquis, maquettes, photos, démo, etc.) et le curriculum vitae ou un court dossier de présentation des partenaires du projet. Il peut être possible également de joindre des lettres d’appui des partenaires ou d’anciens collaborateurs qui témoignent du soutien ou de l’apport à collaborer avec vous.

La qualité des documents présentés est primordiale. Il est donc recommandé de prendre le temps de bien monter son dossier. La quantité n’est souvent pas garante de la qualité. Rien ne sert de se répéter pour faire plus de contenu. Mettez beaucoup de détails, mais ne soyez pas redondant.

Un bon dossier d’artiste, une bonne description de projet, aidera le jury à bien comprendre qui vous êtes et ce que vous voulez faire réellement. Le jury sera en mesure d’analyser correctement si votre projet est réalisable, que l’aide financière, si elle est accordée, permettra l’aboutissement du projet, que l’échéancier est réaliste, que les partenaires sont pertinents, etc. Un dossier flou ou incomplet sera automatiquement rejeté.

Bien évidemment, il y a beaucoup plus de dossiers refusés qu’acceptés, il est donc fondamental d’y mettre beaucoup de temps et d’application afin de mettre le plus de chances de son côté.

Documentation complémentaire :

Le budget prévisionnel consiste à faire l’inventaire des coûts estimés reliés au projet et les revenus qui contribueront à le réaliser.

Il faut en tout temps que les charges égalent les produits.

Si les instances gouvernementales sont réticentes à subventionner des salaires, ces dernières consentent souvent à verser des honoraires (cachets) et des frais de subsistance aux artistes. Il est possible pour le demandeur d’inclure dans son budget des frais d’honoraires pour lui ou un tiers pour la réalisation d’une ou l’autre des étapes du projet.

L’échéancier résume, en un tableau, le calendrier de réalisation du projet. Il fait état de chaque étape et du temps alloué pour les terminer. Il mentionne également les intervenants ou l’intervention des différents partenaires.

Exemple – Échéancier

Il s’agit du matériel qui fait état de votre travail d’artiste : DVD, CD, manuscrit, photographies, portfolio, etc.

Il faut surtout s’attarder à la qualité du matériel présenté qu’à la quantité.

Cette section du dossier d’artiste regroupe tous les articles, les entrevues, les émissions diffusées dans les médias qui parlent de vous ou de vos œuvres.

Dans le cas d’un article plus général, il est important de surligner les passages qui vous concernent ou concernent votre travail.

Il faut mentionner le titre du journal, de la revue ou de l’émission, le nom du journaliste, animateur ou chroniqueur, le titre de la publication, la maison d’édition ou de production, l’année de parution, le volume ou le numéro et la page. Ce document ne doit pas dépasser 5 pages. Plusieurs articles peuvent se retrouver sur une même page.

Dans le cas d’un·e artiste émergent·e, qui n’a pas forcément beaucoup de matériel à inclure dans sa revue de presse, on y mettra les articles ou les communiqués qui font la promotion de ses activités de diffusion.