3 mythes sur la carrière artistique qu’il est temps de déconstruire
9 juillet 2025
3 mythes sur la carrière artistique qu’il est temps de déconstruire
Parce que vivre de son art ne suit pas une trajectoire unique.
Le parcours artistique est souvent semé de doutes, alimentés par des idées reçues qui freinent l’élan, surtout en région. Pourtant, plusieurs de ces croyances ne tiennent pas la route quand on prend un peu de recul. Voici trois mythes courants — et pourquoi il est temps de les laisser derrière.
Mythe 1 – « Un·e vrai·e artiste vit uniquement de son art. »
➤ Réalité : De nombreux artistes combinent plusieurs sources de revenus.
En effet, très peu d’artistes ont la chance de se consacrer à temps plein à leur pratique, surtout en début de carrière.
La plupart combinent un ou plusieurs emplois pour assurer un revenu stable, d’autant plus que les bourses, bien que précieuses, ne sont jamais garanties ni récurrentes.
Cela ne signifie pas qu’un·e artiste qui travaille en parallèle n’est pas « vrai·e ». Au contraire : jongler entre un emploi et une pratique artistique demande une rigueur, une résilience et une passion remarquables.
Être un·e « vrai·e » artiste, c’est avant tout s’engager dans une démarche sincère et durable, quelle que soit la proportion de temps que l’on y consacre ou de revenus que l’on fait.
Mythe 2 – « Je dois demeurer dans les grands centres pour réussir. »
➤ Réalité : Il est possible de bâtir une carrière rayonnante en région.
Beaucoup pensent que vivre à Montréal ou à Québec est un passage obligé pour réussir. Or, ces milieux sont aussi très compétitifs.
En région, au contraire, les artistes bénéficient de plus grandes opportunités, d’un accès plus facile à des lieux de diffusion alternatifs, à des communautés engagées, et à une reconnaissance plus immédiate.
Sur la Côte-Nord, plusieurs artistes s’épanouissent pleinement dans leur carrière tout en vivant et créant ici même.Pensons entre autres à Catherine Arsenault, Claire Barriault, Martin Caron, Marline Charbonneau, Dany Chartrand, Sylvie Chénard, Dyane Dastous, Mario Deschênes, Camille Deschênes-Côté, Dominique Dupuis, Sarah F. Maloney, Sabrina Gagné, Rose-Marie Gallant, Christine Gilliet, Josée Girard, Camille Gravel, Chantal Harvey, Marine Hoibian, Manon Jobin, Lucie Lambert, Christine Lebel, Lénième, Fanny Lessard, Éric Maillet, Pascale Malenfant, Ariane Migneault-Lecavalier, Emilie Pedneault, Jocelyn Praud, Joannie Raymond, Geneviève Rioux Savard, Alexandrine Rodrigue, Claude Rodrigue, Maude Roussel, Chloé Ryan, François Trahan, Brenda Tremblay Sweet artiste de Vibration, Elianne Tremblay, Michel Tremblay et Rosa Zacharie.
Cette liste, non exhaustive des artistes et artisan·e·s qui œuvrent dans notre région, témoigne de la diversité artistique de notre territoire et prouve qu’il n’est pas nécessaire d’habiter dans les grands centres pour créer et être reconnu·e.
Créer ici, c’est participer activement à une culture vivante et enracinée, tout en contribuant à sa vitalité.
Mythe 3 – « Si je ne suis pas diffusé·e dans un lieu reconnu, je ne suis pas un·e professionnel·le. »
➤ Réalité : Le professionnalisme est lié à la démarche artistique, pas uniquement à la diffusion.
Selon la Loi sur le Statut professionnel des artistes, un·e artiste professionnel·le est quelqu’un qui crée, interprète ou diffuse son art, de façon autonome, et reçoit une rémunération pour ce travail.
En Côte-Nord, il existe peu de diffuseurs reconnus par les instances gouvernementales subventionneuses. Ici, on parle de Panache art actuel pour les arts visuels et les salles de spectacles comme le Centre des arts Roger-Thériault de Baie-Comeau, la Salle Jean-Marc-Dion de Sept-Îlesv, le Café-Théâtre Graffiti, les comités de spectacles et les quelques festivals dont le Festival de la chanson de Tadoussac pour les arts de la scène. Il faut avoir été choisi·e pour faire partie de la programmation de ces organismes, avoir signer un contrat et recevoir un cachet pour que cette expérience soit considérée comme « reconnue professionnelle ».
Ces exigences ne sont importantes que si vous faites des demandes de bourses ou de subventions aux instances gouvernementales qui demandent des expériences de diffusion dans des contextes professionnel reconnus.
Cependant, si vous répondez à la définition de la Loi sur le Statut professionnel des artistes, vous êtes considéré·e·s comme professionnel·le·s. Le professionnalisme ne se mesure pas seulement à la notoriété de la salle ou à la taille de l’auditoire : il se construit dans l’engagement envers sa pratique, la rigueur du travail, la constance, et l’intention artistique.
Être professionnel·le, c’est être reconnu·e dans sa démarche, peu importe la scène ou la galerie et recevoir rémunération pour son art.
Conclusion
Il est temps de se libérer des modèles imposés. Le parcours artistique peut prendre mille formes, et chacun·e y trouve son propre rythme.
Que vous viviez de votre art à temps plein, que vous partagiez votre temps avec un autre emploi, ou que vous bâtissiez votre carrière en Côte-Nord, votre démarche est légitime.
Nous vous suggérons la lecture de cet article (si ce n’est pas déjà fait) sur la professionnalisation de l’artiste et de la structuration de son parcours.
Culture Côte-Nord est là pour vous accompagner à toutes les étapes de votre professionnalisation. N’hésitez pas à communiquer avec nous !











