Il peut sembler laborieux et vertigineux de se lancer dans une carrière artistique professionnelle. Culture Côte-Nord est là pour vous accompagner dans ce processus et vous outiller pour y parvenir.

Mais tout le monde n’aspire pas à une carrière professionnelle en culture. Il faut d’emblée savoir en quoi consiste réellement le travail d’artiste à temps plein et ce que cela implique. S’informer et persévérer sont la clé.

Consultez les autres sections sous Gérer sa carrière artistique pour en savoir plus.

Il existe trois catégories « officielles » d’artistes :

  • Les artistes amateurices: Ces personnes pratiquent leur art en loisir et pour le plaisir que cela leur procure. Elles ne veulent pas nécessairement faire de l’argent avec leurs œuvres ou les diffuser au grand public. Elles n’ont, majoritairement, pas de démarche artistique bien définie à proprement parler.
  • Les artistes en voie de professionnalisation: Ces personnes sont en cours de formation artistique dans une école reconnue ou en début de carrière et aspirent à devenir professionnelles.
  • Les artistes professionnel·le·s: Ces personnes répondent aux critères de la loi provinciale sur le statut de l’artiste. Ce qui les distinguent en partie des amateurices, c’est leur démarche artistique et les revenus qu’ielles tirent de leur travail. Un·e artiste professionnel·le·s peut soit faire des demandes de bourses pour réaliser ses projets, soit vendre ses œuvres dans les symposiums et galeries d’art pour se rémunérer. Ielle est considéré·e comme un·e travailleureuse autonome.

Le statut d’artiste profesionnel·le n’est pas un sceau, une attestation ou un certificat d’authentification que l’on demande, c’est un statut qui s’acquiert au fil des expériences réalisées dans des contextes professionnels (création, production, diffusion), par l’obtention de bourses ou de subventions décernées par des instances reconnues ou un jury de pairs, ou en étant membre d’une association professionnelle.

En juin 2022, le projet de Loi 35 visant à moderniser et à harmoniser les règles relatives au statut professionnel de l’artiste a été adopté combinant ainsi les deux Lois existantes en une seule : Loi sur le statut professionnel des artistes des arts visuels, du cinéma, du disque, de la littérature, des métiers d’art et de la scène.

Cette nouvelle version permet d’avoir accès aux mêmes outils de négociation de conditions de travail et d’être sur un même pied d’égalité qu’importe la discipline.

Elle se résume par : « […] un artiste s’entend d’une personne physique qui pratique un art à son propre compte et qui offre ses services ou ses œuvres, moyennant rémunération ou autre contrepartie monétaire, à titre de créateur ou d’interprète, dans un domaine visé [soit le théâtre, le théâtre lyrique, la musique, la danse, le cirque et les variétés, le multimédia, l’expérience numérique, le film, le disque et les autres modes d’enregistrement du son, le doublage et l’enregistrement d’annonces publicitaires […] les arts visuels, métiers d’art, littérature] » (Loi sur le statut professionnel de l’artiste).

Distinction importante

Il existe deux catégories non officielles d’artistes : les artistes à la vente et les artistes à la bourse/subvention. D’un côté, l’artiste retire la majorité de ses revenus de la vente de ses œuvres, de cachets ou de contrats qu’ielle reçoit pour des expositions ou des prestations ; de l’autre, ielle obtient ses revenus de bourses ou de subventions octroyées par des instances gouvernementales pour des projets bien précis, selon des critères préalablement établis.

Un·e artiste à la bourse/subvention peut aussi être un·e artiste à la vente et vice versa. Le tout dépend du contexte de création et de diffusion.

artiste profesionnel.le

Ce qui distingue en grande partie les deux catégories d’artistes, c’est la notion de démarche artistique. Pour avoir accès aux bourses et subventions, un·e artiste doit avoir une démarche artistique claire, réfléchie et un processus créatif bien défini. On ajoute à cela la reconnaissance des pairs et la diffusion des œuvres dans des lieux reconnus par les instances subventionnaires.

La démarche artistique se réfère à l’approche personnelle et méthodique qu’un·e artiste adopte pour créer, exprimer des idées ou explorer des thèmes à travers son travail créatif.

Les pairs sont des professionnel·le·s reconnu·e·s dans leur domaine. Ielles attestent et professionnalisent un projet dans sa mise en œuvre. Un jury de pairs est composé généralement de praticien·ne·s dans la même discipline. Le jury a pour mission de sélectionner, selon les critères de l’appel à candidatures, projets, dossiers ou programmes de financement, les personnes récipiendaires. Les membres du jury sont régis par une politique et un code de déontologie qui les obligent à déclarer tout conflit ou apparence de conflit d’intérêts et doivent signer une déclaration de confidentialité.

On entend par lieux de diffusion professionnels, tout lieu qui reçoit des subventions d’instances gouvernementales reconnues en arts ou en culture ou qui offre aux artistes qu’il engage (signature de contrat) les conditions minimales exigées par l’association professionnelle de sa discipline. Dans le meilleur des mondes, tous les espaces de diffusion seraient reconnus et professionnels pour assurer aux artistes des conditions de travail minimales et respectueuses.

Les associations professionnelles sont des organismes qui regroupent les artistes d’une même discipline et offrent des services de formation, de concertation et de représentation (RAAV, UDA, UNEQ, etc.).

Il existe 3 stades dans la carrière d’un·e artiste :

  • Relève: Les critères peuvent changer d’une instance à l’autre. Pour plusieurs, l’artiste doit avoir un maximum de 5 années de pratique professionnelle au Québec ou à l’étranger dans une ou plusieurs disciplines. Pour Culture Côte-Nord, l’artiste doit avoir un maximum de 7 années de pratique.
  • Mi-carrière: Selon l’instance, l’artiste considéré·e à mi-carrière doit avoir un minimum de 2 années de pratique artistique professionnelle au Québec ou à l’étranger.
  • Chevronné·e ou établi·e: On considère un·e artiste chevronné·e ou établi·e cellui qui cumule un minimum de 20 années de pratique artistique. La diffusion de ses œuvres en contexte professionnel doit être significatif. L’obtention de nombreuses bourses et prix ou la participation à un nombre considérable de productions (expositions, spectacles, etc.) au Québec ou à l’international doivent être reconnues.

Les artistes, dépendamment de leur discipline, auront à transiger avec certains acteurs du milieu pour la diffusion de leurs œuvres.

Conservateur

Personne qui organise les diverses activités d’un musée ou d’une galerie d’art et qui veille à l’acquisition, à la conservation, à la présentation et à la diffusion des collections. Elle doit faire des recherches à des fins diverses (réaliser des expositions, acquérir et conserver des œuvres, documenter et mettre à jour les dossiers relatifs à des œuvres ou à des artistes, etc.), rédiger des articles visant à diffuser des connaissances artistiques ou à promouvoir des expositions et organiser ces dernières. Elle veille à bien définir les priorités en ce qui a trait aux achats et aux legs en vue de l’agrandissement des collections, à recommander la restauration des œuvres présentant des traces d’usure et à coordonner l’entreposage des collections. Elle se préoccupe de la transmission du patrimoine artistique et culturel et cherche à présenter des expositions qui susciteront l’intérêt de la population. (source : monemploi.com/metiers-et-professions/fiche/conservateur-de-musee)

Commissaire d’exposition

Personne qui travaille à la conception et au design de présentation d’expositions thématiques à caractère culturel, éducatif ou commercial, pour le compte de divers clients (musées, galeries d’art, centres d’interprétation de la nature, entreprises privées, etc.). Dans le cadre de ses fonctions, elle détermine les objectifs de l’événement, les caractéristiques de la clientèle visée et du site d’exposition, le contenu à mettre en valeur (œuvres d’art, objets de collection, produits commerciaux, etc.), le budget alloué et les contraintes matérielles ou techniques à prévoir. À partir de ces données, elle définit le concept de base qui servira de guide à l’élaboration du projet, prépare le plan d’aménagement de l’exposition et planifie sa réalisation. Elle supervise la mise en œuvre de l’exposition et peut y collaborer directement (conception et présentation graphique de textes de soutien, construction des étalages et des vitrines d’exposition, mise au point des stratégies d’animation, transport et installation du matériel). (source : monemploi.com/metiers-et-professions/fiche/concepteur-designer-d-expositions)

Directeur artistique / Programmateur

Personne qui planifie, organise et dirige la partie artistique de productions réalisées dans les domaines du cinéma, du théâtre, de la radio, de la télévision ou du multimédia, en vue d’en assurer la qualité (et le réalisme en fonction de la période ou des lieux à représenter). Elle parcourt le scénario du spectacle, de la pièce ou du film pour en déterminer le thème et le style, puis définit le caractère artistique de la production en tenant compte des objectifs, de la clientèle visée, du sujet ou d’autres considérations. Elle s’adjoint des collaborateurs artistiques, dirige les acteurs, supervise la conception des décors ainsi que le choix des costumes, du mobilier et des accessoires et veille à ce qu’ils répondent aux critères d’esthétique et de réalisme définis. Elle peut également être responsable de la programmation artistique. Dans le domaine du multimédia, elle assume généralement la responsabilité de toutes les aspects artistiques du contenu, qu’ils soient visuels ou sonores. (source : monemploi.com/metiers-et-professions/fiche/directeur-artistique)

Producteur (cinéma, radio, télévision, théâtre)

Personne qui, pour le compte d’une société de production ou pour son propre compte, planifie, organise et coordonne la production de films cinématographiques, d’émissions de radio ou de télévision ou de pièces de théâtre. Elle prend les arrangements nécessaires pour le financement de la réalisation et négocie avec les personnalités (du monde artistique ou autres) requises pour sa mise en œuvre, tout en veillant à la rentabilité et la qualité artistique du projet. Elle évalue l’intérêt que le public devrait porter à la production et ses chances de réussite, établit un budget détaillé et réaliste et trouve des sources de financement. Elle définit les orientations de la réalisation et les exigences à respecter et conserve un droit de regard sur tous les aspects artistiques et administratifs du projet (contenu, forme, efforts de rentabilité). (source : monemploi.com/metiers-et-professions/fiche/producteur-cinema-radio-television-theatre)

Éditeurs

Personne qui, en tant que responsable d’une maison d’édition, dirige les activités de publication et de commercialisation d’ouvrages imprimés (œuvres littéraires, ouvrages documentaires, manuels scolaires, revues, etc.) ou de produits électroniques (CD-Rom, publications électroniques, logiciels de simulation, etc.), et qui veille, en premier lieu, à assurer la qualité des publications et la rentabilité de l’entreprise. Elle étudie les ouvrages ou les projets qui lui sont présentés et sélectionne ceux qui seront publiés, en fondant ses décisions sur la situation financière de l’entreprise, les orientations littéraires retenues pour les collections mises sur pied, la valeur littéraire des œuvres et leurs chances de succès auprès de la clientèle. Elle s’occupe également des relations avec les auteurs (remaniement du contenu ou du style, négociation des contrats), de la gestion des budgets relatifs à l’édition et à la production, et de la mise en marché des ouvrages imprimés (publicité, lancement, relations avec les distributeurs, participation à des foires commerciales). (source : monemploi.com/metiers-et-professions/fiche/editeur)

Selon la discipline artistique pratiquée, plusieurs options de diffusion sont offertes aux artistes.

Avant d’approcher un diffuseur, certaines considérations doivent être prises en compte :

  • Mandat et mission de l’organisme (est-ce en phase avec ma démarche artistique ?)
  • Public cible du diffuseur (est-ce qu’il correspond à ma « clientèle » ?)
  • Orientations artistiques du lieu (sont-elles en lien avec mon travail ?)
  • Artistes déjà diffusé·e·s (en quoi leur art est-il différent ou similaire au mien?)

Les lieux de diffusion possibles

Bibliothèques, maisons de la culture, centres d’exposition, centres d’artistes, musées, salles de spectacles, etc.

Les événements

Biennales, symposiums, salons du livre, festivals, etc.

Pour connaitre la liste des diffuseurs dans les différents domaines, consultez la section « disciplines artistiques » ou « lieux de diffusion – Québec » dans la section « l’artiste profesionnel·le »

Plusieurs organismes de diffusion ou de production fonctionnent par appel de dossiers, de candidatures ou de projets pour constituer leur programmation.

Ces appels invitent les artistes à présenter leur travail en soumettant leur dossier artistique comprenant plusieurs documents essentiels (démarche artistique, CV, revue de presse, matériel d’appui).

Une fois les dossiers déposés, un jury de pairs ou de programmation se réunit pour faire la sélection des artistes choisi·e·s. La qualité du matériel présenté est donc primordiale pour s’assurer la meilleure des chances.

Les pairs sont des professionnel·le·s reconnu·e·s dans leur domaine. Ielles attestent et professionnalisent un projet dans sa mise en œuvre.

Un jury de pairs est composé généralement de praticien·ne·s dans la même discipline. Il est possible (au CALQ) de faire la demande d’un jury pluridisciplinaire si on le souhaite.

Le jury a pour mission de sélectionner, selon les critères de l’appel à candidatures, projets, dossiers ou programme de financement, les personnes récipiendaires.

Les membre du jury sont régis par une politique et un code de déontologie qui les obligent à déclarer tout conflit ou apparence de conflit d’intérêts et doivent signer une déclaration de confidentialité.

Le CALQ a d’ailleurs produit une capsule d’information sur le jury.

L’évaluation des dossiers repose sur l’expertise des membres du jury et sur la qualité du matériel présenté d’où l’importance d’envoyer des documents représentatifs des réalisations artistiques.

Le jury se fie à des critères bien précis et une grille d’évaluation avec un système de pondération selon l’importance accordée à ces derniers.

Le jury se base uniquement sur les dossiers reçus et les documents fournis par l’artiste. Il est donc suggéré de mettre le strict minimum dans le dossier et le matériel le plus pertinent en lien avec le projet évalué.

Les récipiendaires sont choisi·e·s par consensus. S’il n’y a pas consensus, c’est la majorité qu’il l’emporte habituellement. Les décisions sont entérinées par un conseil d’administration ou une direction générale.

Plus souvent qu’autrement, l’artiste essuiera des refus. Il faut apprendre à composer d’emblée avec cette réalité souvent décourageante.

Il est suggéré de communiquer avec l’instance où le dossier a été déposé pour obtenir des renseignements sur l’évaluation et les raisons du refus. Ces informations serviront pour les prochaines demandes afin de ne pas répéter les mêmes erreurs. Elles ne sont fournies généralement que sur demande.

Souvent les refus ne proviennent pas de la mauvaise qualité du dossier, mais du manque de fonds ou la quantité de dossiers reçus versus la note finale accordée.

Dans le cas d’une demande de bourse, il est difficile de faire valoir les projets autogérés ou autodiffusés comme expériences professionnelles puisque celles-ci n’ont pas été attestées par les pairs. Ce type de projet sert à promouvoir sa pratique artistique ou faire découvrir ses œuvres.

Dans la pratique, ces projets sont une façon pour l’artiste de créer et présenter ses œuvres et servent à lui assurer une rémunération pour le faire.

La formation artistique sert à faire valoir les connaissances et compétences que l’artiste a acquises durant son parcours de professionnalisation. La formation n’est pas obligée d’être académique. Oui, elle peut provenir d’instituts d’enseignement, mais elle peut également provenir des années d’expérience de l’artiste, d’un mentor ou de formation continue.

La formation provenant d’institutions d’enseignement spécialisé

L’artiste qui a étudié et obtenu un diplôme dans un domaine artistique ou une institution d’enseignement reconnue et qui poursuit sa carrière dans cette discipline doit faire valoir cette formation. Elle fait état d’une démarche de professionnalisation et contribue à officialiser son statut d’artiste.

La formation en autodidacte

Il n’est pas obligatoire d’avoir une formation reconnue pour être qualifié·e d’artiste professionnel·le. Toute personne qui démontre une volonté d’acquérir des connaissances, des compétences et des expériences en autodidacte afin d’amener sa pratique à un niveau supérieur peut faire valoir ces dernières dans son parcours de professionnalisation.

Le mentorat et la formation continue

En complément à la formation académique ou autodidacte, d’autres formations peuvent aussi contribuer à votre perfectionnement. Les stages, les formations, les résidences et les coachings sont autant d’expériences qui bonifient la démarche d’un artiste. Ils permettent à l’artiste de rester à l’affût des tendances dans sa discipline ou de réorienter sa pratique artistique. Ils permettent de pousser plus loin l’artiste dans son processus de création.

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Culture Côte-Nord offre les services de formation continue. Ces formations sont offertes selon les besoins du milieu et les tendances. Elles peuvent se donner partout sur le territoire nord-côtier, dans toutes les disciplines artistiques ou dans les sphères d’activités des travailleur·euse·s culturel·le·s.

Si vous faites partie d’une association de professionnel·le·s dans votre discipline, cette dernière offre possiblement de la formation continue aussi. Référez-vous à la section « disciplines artistiques » pour connaître les associations de la vôtre.